Comment gérer certaines situations de la vie quotidienne?
Dois-je prévenir l’entourage de la maladie de mon parent ?
Il
est préférable que l'entourage voire l'entourage élargi connaisse la
situation du patient. Il comprendra mieux ses réactions, parfois
déconcertantes et sera plus à même d'être tolérant à son égard.
Peut-il/Elle continuer les activités qu’il/elle faisait auparavant ?
Pour
certaines personnes, le maintien des activités antérieures,
intellectuelles, sociales ou physiques est important. A chaque fois que
celles-ci restent compatibles avec les troubles, elles doivent être
poursuivies. Elles doivent être évitées dès lors qu'elles mettent la
personne en situation d'échec ou de danger.
Si on ne peut trouver de
solution adaptée pour aménager l'activité (par exemple, un atelier de
bricolage avec des outils clairement repérables) et donc permettre sa
poursuite, il faudra rechercher d’autres activités valorisantes,
adaptées aux capacités, à la personnalité et aux goûts du patient et
qui peuvent lui apporter plaisir, réconfort et confiance en soi.
On
favorisera les initiatives personnelles, en aidant si nécessaire mais
sans faire à la place. Il faut de même préserver autant que possible
les contacts avec les personnes qu'il connaissait avant la maladie.
Peut-il/elle continuer à conduire malgré la maladie ?
Comment puis-je l’empêcher de prendre sa voiture ?
Il
faut déconseiller au patient la conduite automobile qui nécessite de
s’adapter et d’être attentif en permanence. On sait d’ailleurs que les
patients qui ont une maladie d’Alzheimer ont plus d’accidents de
voiture que les sujets sains du même âge.
Si votre parent insiste
pour conduire, demandez au médecin de rédiger une note dans laquelle il
déconseille la conduite et que vous montrerez à votre parent chaque
fois qu’il manifeste l’envie de le faire.
Vous pouvez lui
expliquer l’effet négatif des médicaments qu’il prend dans la conduite,
lui rappeler l’existence des autres moyens de déplacements et leurs
avantages. En revanche, ne lui prenez pas les clés de la voiture ce qui
serait vécu comme une agression importante. Sur le plan légal, vous
pouvez saisir la commission médicale primaire du permis de conduire par
une simple lettre à la préfecture dans laquelle vous expliquez que le
sujet ne dispose plus des aptitudes requises pour la conduite
automobile. En vertu de l’article R-128 du code de la route, le préfet
peut imposer un examen du patient par deux médecins. En cas d’avis
défavorable quant à la poursuite de la conduite, le permis de conduire
pourra être suspendu.
Il/Elle commence à avoir des difficultés à trouver les mots, il/elle les utilise de façon inapropriée, il/elle ne comprend plus ce qu'il/elle lit.
Que faire ?
Les
troubles du langage font partie de la maladie bien que d'intensité très
variable selon les individus. Dès leur apparition, ils peuvent faire
l'objet d'une action rééducative spécifique auprès d'un orthophoniste,
spécialiste des troubles de la parole et du langage. Au quotidien,
l'entourage devra s'efforcer d'utiliser des mots simples et concrets et
des constructions de phrases courtes (une idée à la fois), de formuler
les questions de telle sorte que le patient n’ait à répondre que par
oui ou par non. Eventuellement, il faudra montrer ce dont on parle ou
bien proposer un mot lorsqu'il manque. Toutefois, la parole n'est pas
le seul mode de communication. Les modes de communication
infra-verbaux tels que les gestes, les attitudes, les
intonations, le toucher et le regard restent intacts longtemps et
permettent d'échanger tout en conservant chaleur et qualité dans la
relation.
Il/Elle ne connaît plus la date, le jour, l’heure.
Comment l’aider à s’orienter dans le temps ?
Vous
pouvez placer une pendule en évidence pour l’heure, un éphéméride dont
il enlèvera les feuilles pour la date et le jour. La stimulation
cognitive contribue à réduire ce type de difficultés.
Puis-je l’emmener en vacances ? Puis-je le/la faire déménager pour le/la rapprocher de mon domicile ?
Les
vacances occasionnent souvent une perte des repères. Il vaut mieux
éviter les vacances itinérantes et les voyages organisés qui ont un
programme strict. Cependant, vous pouvez tenter avec prudence les lieux
connus antérieurement, investis sur le plan affectif. Prévoyez plutôt
le transport en voiture particulière avec des arrêts fréquents, sans
contrainte horaire. Gardez-vous la possibilité de retour rapide.
Si
un déménagement est indispensable, il vaut mieux le faire dans les
stades débutants de la maladie car le patient aura encore quelque
chance de s’accoutumer à son nouveau domicile.
Puis-je le/la faire participer aux fêtes familiales ?
La
participation aux rencontres familiales est importante et doit être
préservée chaque fois qu’elle s’avère possible. Elle dépend de l'état
du patient. En effet, s'il est très désorienté il faudra être prudent à
l’égard des rencontres nécessitant de longs déplacements, celles qui
ont lieu dans des endroits inconnus ou bien encore celles qui
comportent un grand nombre de personnes. Ces situations risquent
d'accentuer la confusion et l'angoisse qui l'accompagnent. Essayez
plutôt de privilégier les visites au domicile ou bien chez des parents
dont il connaît bien le lieu d'habitation, ainsi que les réunions en
petit comité, plus rassurantes et où le patient se sentira mieux
intégré, en confiance donc plus libre de s'exprimer.
Il/Elle confond les personnes de son entourage.
Que dois-je faire ?
Si
vous lui parlez de personnes absentes, vous pouvez les lui rappeler
avec un support visuel tel que des photographies. Resituez-lui ces
personnes lorsqu’il est en face d’elles. Il peut être utile de préparer
les rencontres en discutant avec le patient, en lui renforçant les
liens familiaux et en évoquant avec lui des souvenirs à partir d’un
album de photos.
Il/Elle ne sait plus téléphoner.
Comment peut-il/elle me joindre ?
Vous
pouvez utiliser un poste de téléphone à numéros mémorisés avec la liste
des numéros correspondants ou la photographie du correspondant.
Il/Elle vit seul et ne sait plus prendre ses médicaments.
Comment l’aider ?
Vous
pouvez utiliser un semainier vendu en pharmacie en le préparant
vous-même et en téléphonant au patient aux heures des prises. Si cette
méthode échoue, il faut faire distribuer les médicaments par un
familier de confiance (parent, voisin, gardien) ou un professionnel
(infirmière).
Il/Elle perd son chéquier, son porte-monnaie, sa carte bleue.
Que faire ?
Pensez
à mettre en place des mesures simples telles que les prélèvements
automatiques, laissez à votre parent une petite somme d’argent
disponible pour éviter les retraits itératifs et pour ne pas lui donner
l’impression d’être dessaisi.
Il/Elle tombe souvent.
Que faire ?
Consultez
le médecin pour évaluer s’il n’existe pas une cause médicale aux chutes
: troubles de l’équilibre, déficit visuel. Dégagez l’espace pour
diminuer le risque de chute.
Supprimez les obstacles tels que les
tapis (ou les fixer solidement au sol), vérifiez l’égalité des
planchers, placez des mains courantes, des rampes, un revêtement
anti-dérapant, des bandes fluorescentes au niveau des escaliers.
Veillez à ce que l’éclairage soit suffisant, installez une veilleuse ou
placez des interrupteurs fluorescents et à portée de main pour la nuit.
Prévoyez des rangements bas pour éviter l’utilisation d’escabeau.
Vous pouvez lui faire installer une télé-alarme tant qu’il peut s’en
servir.
Il/Elle ne trouve pas ses vêtements dans le placard ; il/elle met ses vêtements à l'envers.
Que faire ?
Les
troubles de la mémoire rendent au patient certains lieux déroutants car
il ne s'y retrouve plus. En conséquence, veillez à toujours ranger les
objets à la même place. Il faut prévoir d'aménager l'espace afin de
sauvegarder son autonomie aussi longtemps que possible. Par exemple, on
peut mettre dans le placard des logos représentant les vêtements rangés
à tel ou tel emplacement. Par ailleurs, pour éviter les erreurs
d'habillage, on peut faire un tri saisonnier des vêtements en ne
laissant que ceux dont il aura l'utilité. Lorsque les troubles sont
plus importants, on peut placer les vêtements dans l'ordre de leur
enfilage, solliciter la personne pour mettre telle ou telle partie de
la tenue tout en prenant soin de ne pas faire à sa place tant que cela
reste possible.