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Comment s'adapter aux modifications de la personnalité de mon parent malade?

by Anne-Sophie Rigaud last modified 2006-01-29 21:51


Il/Elle a des idées délirantes et /ou des hallucinations.

Dois-je le/la remettre dans la réalité ?

Remettre dans la réalité a souvent peu d’effets. Parlez-en à votre médecin. Lorsque les personnages qu’il voit ou les scènes qu’il vit sont effrayants, il faudra certainement prescrire un médicament atténuant ces phénomènes, parfois ces personnages jouent un rôle de compagnon pour le patient et évitent qu’il ne déprime, il faut alors les respecter.

Il/Elle pense que ce qui se passe à la TV est la réalité. Il/Elle parle aux personnages de la TV.

 Que faire ?

Ce type de trouble fait partie de la maladie. Si ce comportement rassure le patient, laissez faire. Vous pouvez éventuellement lui montrer des vidéos de films ou d’émissions qu’il connaît et qu’il apprécie au cours desquels il aura l’impression de communiquer avec le présentateur ou le héros avec plaisir. Si ce comportement est source d’angoisses, parlez-en à votre médecin.

Il/Elle est triste et il pleure souvent.

Que faire ?

La maladie peut se compliquer de dépression à tous les stades. Essayez d’analyser la situation en cause. Parlez-en au médecin qui décidera d’une éventuelle modification de traitement.

Au cours de la nuit, il/elle ne dort pas. Il/Elle se lève, ne reconnaît plus sa maison et est perdu . Il/Elle somnole pendant la journée.

Que faire ?

Au début de la maladie, les anomalies du sommeil sont une amplification des modifications liées au vieillissement physiologique : la durée du sommeil est diminuée et il existe une augmentation des éveils au cours de la nuit. Pendant la journée, vous pouvez lui proposer des promenades aux heures d’ensoleillement maximal, des activités en les adaptant à ses goûts et en les alternant à des périodes de repos.
Avant le coucher, faites-lui prendre un bain tiède, éviter les excitants tels que le café ou le thé.
Au moment du coucher, instaurez un rituel du coucher (et du lever si il y a une inversion du rythme veille-sommeil). Pendant les réveils nocturnes, rassurez-le, offrez lui éventuellement une petite collation avant de se recoucher. Aménagez la chambre et les locaux avec une veilleuse, des interrupteurs suffisamment nombreux et fluorescents et guidez les chemins utilisés par des signaux.
Si ces moyens sont insuffisants, parlez-en à votre médecin pour discuter l’indication d’un traitement complémentaire. Par ailleurs, parlez-en à son médecin qui recherchera une maladie surajoutée exemple une dépression et qui selon les cas décidera la prescription d’un médicament.

Mon parent veut rester alité toute la journée.

Comment le faire participer aux activités quotidiennes ?

Le manque d'intérêt, le repli sur soi, l'apathie surviennent parfois au cours de la maladie et peuvent être le signe de la dépression qui peut accompagner la prise de conscience par la personne de la diminution de ses capacités intellectuelles. Il faut alors en parler à son médecin.

Il/Elle sort dans la rue et ne sait plus revenir à la maison. Il/Elle déambule de façon incessante dans la maison.

Que faire ?

On peut utiliser de petits moyens tels que lui faire un système d’identification : bracelet, étiquettes cousues au niveau des vêtements.
Prévenez l’entourage dans les petites agglomération et conservez une photo d’identité récente dans le cas où il faudrait entreprendre des recherches du patient.
Si cette conduite se répète, il faut souvent se résoudre à fermer les portes.
Changer le verrou, et utiliser des fermetures de sécurité au niveau des portes, des fenêtres (comme celles utilisées pour les enfants) peut suffire car le patient a des difficultés à s’adapter à une nouvelle situation. Il faut éviter de s’opposer au patient car les situations de contrainte exacerbent les troubles.
Si l’errance se limite à l’intérieur du domicile, ignorez ce comportement ou proposez lui une promenade ou une activité qu’il aime.

Il y a des soucis dans la famille (décès, maladie d’un proche...).

Faut-il le lui dire ?

Les patients sentent souvent les choses de façon intuitive et conservent longtemps un mode de perception pertinent dans leur relation avec l’environnement. Aussi, les événements familiaux désagréables sont parfois plus source d’angoisse lorsqu’ils sont cachés au patient que lorsqu’ils lui sont exposés.
En pratique, choisissez un moment de calme pour annoncer la nouvelle. Parfois le patient réagit de façon adaptée et souvent mieux que vous ne l’auriez imaginé. Parfois, il a l’air de ne pas comprendre et ne semble pas affecté par cet événement. Néanmoins, surveillez une éventuelle dépression réactionnelle, même à distance et parlez-en à son médecin.

Pourquoi paraît-il/elle indifférent(e) à ses petits enfants qu’il/elle adorait auparavant ?

L’émoussement affectif c’est-à-dire la diminution à ressentir des émotions et à les exprimer fait partie de la maladie.
Il est toujours utile d’expliquer aux petits-enfants que le parent leur porte toujours la même affection mais qu’il rencontre des difficultés à l’exprimer.

Il/Elle panique dès qu’il/elle est seul(e). Il/Elle me téléphone 15 fois par jour.

Que faire ?

Certains malades ont des moments de panique lorsqu’ils sont laissés seuls. Organisez le passage de proches ou de professionnels au cours de la journée. Parlez-en au médecin qui décidera d’un éventuel traitement complémentaire.

Il/Elle est devenu irritable et se met en colère facilement.

Comment gérer la situation ?

L’irritabilité peut faire partie de la maladie. Cependant l’attitude de l’entourage peut parfois l’aggraver ou au contraire l’améliorer. Demandez-vous si le patient n’a pas été placé dans une situation qu’il ne pouvait ni gérer ni assumer.
Posez-vous la question de votre propre comportement face au malade. Est-il adapté ?
Assurez-vous de la compréhension du sujet ; utiliser des phrases et des dérivatifs habituellement apaisants, développer des routines sécurisantes.
Nous citerons certains petits moyens tels que faire une promenade, donner à boire ou à manger, allonger pour une sieste, mettre devant la télévision, faire une activité en commun. Parlez-en au médecin, il faut parfois donner un médicament qui peut réduire l’irritabilité.

Je ne peux plus supporter mon parent malade, je pleure , je ne dors plus, j'ai envie de l'agresser.

Que faire?

La vie quotidienne auprès d'un parent atteint de maladie d’Alzheimer est une tâche lourde et stressante et les périodes de découragement sont inévitables. Il faut savoir les reconnaître et les accepter sans se culpabiliser. Il faut en parler à son médecin, contacter une association de familles avec laquelle on pourra partager son vécu et ses questionnements. Il faut aussi savoir penser à soi, prévoir des relais (aides au domicile ou centres de jour) et se ménager des temps pour "souffler",  temps qui permettent ensuite de mieux accepter et tolérer les aléas du quotidien.


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